Retour sur la Feria 2014

Samedi 7 juin 2014 à 18h

 

6 toros de Don Adolfo Martín Andrés pour le mano a mano

Antonio Ferrera : silence, ovation avec salut, silence

Manuel Escribano : silence, 2 oreilles, silence sortie a “hombros”

temps chaud plus de trois quart d'arène. Invité d'honneur comme parrain de la Feria 2014 el maestro José Pedro Prados “El Fundi” en compagnie de son épouse, ovationné fortement par tous les aficionados.

corrida très bien présentée, bien en type de la maison “saltillo”, sérieuse, longue, très armée et “astifina” digne de Madrid, avec un très bon toro le 4ème faisant l'avion le museau dans les sable et dans la muleta d'Escribano.

Présentée à la vicoise, avec beaucoup de bois, harmonieuse et dans le type, la corrida d'Adolfo avait de l'allure à sa sortie en piste. L'ensemble baissa d'un ton par la suite. Les Adolfos firent le job sous le cheval -15 piques- sans faire d'étincelles. Au troisième tiers ils firent souvent illusion, se dégonflant rapidement. Le sixième n'avait pas une passe. Le meilleur fut le quatrième, un bon toro, obéissant sous la muleta autoritaire d'Escribano.

 

Antonio Ferrera n'eut pas une opposition qui convient à son dynamisme. Il a néanmoins assez de métier pour se tirer de situations compliquées, ainsi là ou d'autres auraient peut-être sombré il sut se maintenir à flot. Il partagea les banderilles avec Escribano sans briller dans ce tiers où il excelle. Il ne fit pas l'effort nécessaire pour soulever les foules avec la muleta. Des faenas ternes et sur la défense sans jamais se croiser réellement. Comme il n'eut que peu de réussite à l'épée, il passa sans peine ni gloire. On l'a connu mieux...

 

Plus d'entrega dans le comportement d'Escribano qui fit la pige à son ancien dans tous les tiers. Aux banderilles notamment où il fit lever le conclave lors d'une paire très exposée dans les planches. A la muleta, il câla au sixième -un bloc de marbre- mais il avait brillé au précédent passage. De cet excellent quatrième Adolfo, il sut extraire tout le suc embarquant l'animal dans des séries courtes par le bas, dans un bon rythme sans jamais se faire toucher l'étoffe. Il était parfaitement centré et ne se permit aucune fantaisie. Une faena rigoureuse, solide, comme on les aime dans le sud-ouest. Il coupa deux oreilles après deux tiers de lame en place. D'aucuns trouvèrent la récompense excessive. Pour la plupart néanmoins Manuel a consolidé une position privilégiée dans le coeur des aficionados Gascons qui apprécient sa générosité.

 

Premier épisode en conclusion bien dans l'esprit d'une féria à part où l'on apprécie les combats virils plus que les fioritures superficelles et où météo aidant on retrouve les grandes entrées d'antan. (reseña de Pierre Vidal)

vidéo de Feria Tv Yves Pétriat

 

 

 

 

 

 

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Copyright © crédit photos Isabelle Dupin Aplausos   

 

 

 

 

 

 

. Vic-Fezensac

. Samedi 7 JUIN. Première corrida de la feria de Pentecôte. Chaleur estivale. 4/5 entrée. Toros d'Adolfo Martín, inégalement présentés, sans puissance au cheval, nobles mais décastés en général, pour Antonio FERRERA, groseille et or souligné de noir (silence, ovation et silence) Manuel ESCRIBANO, prune et or (silence, deux oreilles et silence).

Mano a mano.

Sobresaliente : Morenito de Nîmes (ivoire et or souligné de noir).

Président : Marc Amestoy.

Ferrera et Escribano ont partagé les banderilles aux deux premiers et aux deux derniers.

Escribano quitta les arènes en triomphe. Il dédia le 4e aux Armagnacs et le 6e à sa peña vicoise "La Sonrisa".

Ferrera dédia le 5e à l'épouse d'El Fundi.

SUEURS ET LONGUEURS.

Sous un soleil estival, la Gascogne était éclatante. Le vert et le jaune des vallons se mêlant à la toile d'azur, la route de Vic ressemblait à un véritable sacre du printemps.

Mais la corrida ne fut guère passionnante. Tant, même, que le public se manifesta davantage dans les préambules que dans la suite du spectacle, car la torpeur gagna vite les mornes combats des Adolfo Martín pour un "mano a mano" à l'eau plate.

Les préambules empiétèrent un peu sur l'heure taurine, habituellement si ponctuelle, ce qui énerva certains spectateurs qui espéraient voir le premier toro en piste à l'heure dite.

Le président vicois Marcel Garzelli, non sans quelque excitation, prit le micro pour multiplier les annonces. On respecta d'abord une minute d'applaudissements pour nos chers disparus. J'avoue préférer le recueillement de la minute de silence, mais ce n'est plus dans les usages. Ensuite, le préposé à l'ouverture du toril - René, retenez bien son nom - passait la main après plus de quarante ans de loyaux services. On le fit saluer en piste, et il offrit son sombrero à son successeur lors d'une poignante étreinte pour une alternative inédite. Ensuite, Marcel, qui avait bien fait comprendre aux bruyants impatients qu'on ne lui couperait pas la parole, mit en garde la communauté contre les provocations des anticorridas annoncés pour le lendemain. Et vint alors le tour du "parrain de la feria", El Fundi, qu'on fit venir en piste avec madame née Escolar pour leur remettre les spécialités locales : l'Armagnac et le foie-gras. On était content pour eux. Les Armagnacs jouèrent alors le "Canto, que recanto", qui doit être maintenant l'hymne de la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Et là, comme six heures étaient déjà passées d'une vingtaine minutes, on sentait que la corrida allait bientôt commencer. 

Les Adolfo Martín ne constituaient pas un lot comme on avait l'habitude d'en voir à Vic : s'il y eut quelques toros bien armés et charpentés, il y eut aussi des exemplaires très légers et de peu de présence comme le quatrième et le sixième. Le ramage ne fut pas mieux : de la noblesse, peu de difficultés, mais bien peu d'émotion, de la fadeur, un manque cruel d'agressivité et des lidias somnolentes au cours desquelles il ne se passa pas grand-chose. Mais il est évident aussi que les toros donnaient du jeu et qu'on aurait pu voir mieux toréer...

Antonio Ferrera avait dû en venant écouter les conseils de prudence de Bison Futé. Il n'aborda que superficiellement la corne gauche appréciable du premier qui se déplaçait au petit trot, avant de tuer laidement de deux pinchazos et une épée dans le gilet.

Le troisième prit trois piques appuyées, et chargea avec noblesse, museau au sol. Plus théâtral que profond, Ferrera le toréa sans vraiment s'engager, en gardant autour de lui le fameux périmètre de sécurité imposé par la préfecture. Il tua encore plus bas que le premier. Le cinquième, qui cogna dans les planches à s'en rendre sourd, fut un autre toro noble et éteint, et comme Ferrera ne cessa de l'attaquer de près, il s'immobilisa. Encore de vilaines épées pour un torero qui semblait encore avoir en tête le fantôme du cinquième Victorino de la veille à Madrid.

Escribano fut plus souriant et chaleureux, même si sa prestation ne nous mena pas sur l'Annapurna. Il signa d'élégantes véroniques au deuxième, qui accusa une lidia trop abondante et termina à son tour dégazéifié. Il posa au petit quatrième une spectaculaire paire de banderilles à l'écart au fil des barrières - la seule notable des dix-huit paires de fuseaux plantés tant bien que mal par les maestros - et fit une faena variée, de torero capable, avec pas mal de pauses, de cites, mais peu de profondeur. Une quasi-entière bien placée fit son effet et déclencha même l'octroi stupéfiant d'une deuxième oreille qu'on n'osait imaginer. Le sixième n'eut pas la moindre mobilité. Inutile de dire qu'on attendait mieux. Ou qu'on avait bien fait d'applaudir lors des longs préambules... (Marc LAVIE)

RESEÑA des TOROS. 1. "Medroso", n° 33, cárdeno. 2. "Aviador", n° 51, cárdeno claro (né en novembre 08). 3. "Lagartero", n° 13, cárdeno (né en décembre 08). 4. "Repollito", n° 94, cárdeno (né en février 09). 5. "Chaparrito", n° 57, cárdeno (né en décembre 08). 6. "Madroño", n° 31, negro entrepelado bragado meano (né en décembre 08). 

 

 

 

 

 

 

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Copyright © crédit photos Patrick Colleoni torobravo

 

 

 

 

 

 

 

 reportage photos Vuelta a Los Toros Galerie photos : Vic Fezensac, Toros d’Adolfo Martin, samedi 7 juin 2014

 

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   Copyrigt © crédit photos Vuelta a Los Toros Mathieu Saubion Vic 2014

 

Dimanche 8 juin 2014 à 11h

 

 6 toros de “Herederos de Don José Cebada Gago” pour

 Luis Vilches : salut et une oreille

Alberto Aguilar : silence et salut

Manuel Jesus Pérez Mota : applaudissements et 2 oreilles avec sortie en triomphe

trois quart d'arène, très beau temps et chaud, vuelta des deux picadors de la cuadrilla de Pérez Mota Francisco Vallejo Sánchez “El Pimpi” qui piqua le 1er toro N°101 “Amante” et Gaben Rehabi piquant le dernier toro N°92 “Castañuelo” avec le mayoral Manuel Flor et le maestro.

Corrida très forte et très armée, astifina variée de robe, de type et de comportement. Vuelta al ruedo du 6è toro N°92 “Castañuelo” mars 2009, castaño claro bragado.

 Une fois encore les Cebadas ont enchanté les tendidos gersois. Des estampes d' abord avec un superbe colorado sorti en premier et un magnifique burraco en cinquième, entre autres. Un défilé de mode. Au moral dans l'ensemble, ils allèrent à la pique avec allant et montrèrent une vraie noblesse piquante avec une prime à l'excellent sixième.
Luis Vilches que l'on retrouvait après une longue absence n'a rien perdu de la classe et de l' élégance qui l'avaient fait remarquer par le passé. Ce n'était pas une opposition de pacotille et son mérite n'en est que plus grand. Il a plu à ses deux passages et avec plus d'habileté à l'épée il aurait pu doubler la mise. Alberto Aguilar eut un lot moins maniable, c'est l'excuse qu'on peut lui trouver. Il a déçu néanmoins ses nombreux supporters. Se faisant souvent attraper la muleta, perdant du terrain, parfois en perdition, il a semblé manquer de cette confiance qui l'a pourtant habité dans des circonstances souvent plus difficiles. Peut-être est-il un peu atoreado; son échec madrilène lui aurait quitté le sitio ? Grande après-midi de Perez Mota qui a montré qu'il était à la fois à la hauteur d'adversaires difficiles et capable de produire un toreo précieux, artistique et sans fioriture inutile. Il emballa le public par sa classe et une grande estocade lui valut les deux oreilles du sixième; le Cebada faisant une vuelta très applaudie.
Reseña Pierre Vidal.

Reportage Yves Pétriat Feria Tv

 

 

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  Copyright © crédit photos Patrick Colleoni torobravo

 

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 Copyright © crédit photos Isabelle Dupin Aplausos

http://www.vueltaalostoros.fr/galerie-photos-vic-fezensac-toros-de-cebada-gago-dimanche-8-juin-2014/

 

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Copyrigt © crédit photos Vuelta a Los Toros Mathieu Saubion Vic 2014

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Dimanche 8 JUIN. Matin. Deuxième corrida de feria. Forte chaleur. 3/4 entrée. Toros des héritiers de Cebada Gago, âgés de cinq ans pour la plupart, bien présentés et armés, manquant généralement de forces, supérieurs le 1er et surtout le 6e (tour de piste au 6e, "Castañuelo", n° 92), pour Luis VILCHES, vert cactus et or (ovation et une oreille) Alberto AGUILAR, vert émeraude et or souligné de noir (silence et silence) Manuel Jesús PÉREZ MOTA, bleu nuit et or (ovation et deux oreilles).

Président : Nicolas Pétriat. 

Manuel Jesús Pérez Mota se présentait en France en tant que matador de toros. 

Réapparition de Luis Vilches, qui avait toréé pour la dernière fois en habit de lumières le 8 septembre 2011 à Utrera.

Le picador Gabin Réhabi fut ovationné au 3e.

Mota a dédié le 3e à El Fundi, tout comme Vilches le 4e.

Pérez Mota partagea son dernier tour de piste avec sa cuadrilla et le mayoral avant de sortir en triomphe.

LE TRIOMPHE D'UN MODESTE.

Si la corrida de Cebada Gago a souvent manqué de forces, donnant peu de relief lors du tiers de piques, plusieurs toros ont offert des possibilités. 

Pérez Mota a été le grand triomphateur de la matinée. Face au sixième toro, le plus corpulent du lot de Cebada, Pérez Mota a laissé une excellente impression, tout d'abord à la cape, avec de belles véroniques et une demie pour conclure. Á la pique, le Cebada se défendit plus qu'il ne poussa en trois rencontres. Á la muleta, il fut bon et exigeant. C'est surtout sur la corne gauche que la faena de Mota prit son envol, avec des naturelles la main basse et de superbe tracé. L'orchestre joua "Agüero" et le torero eut beaucoup de mérite, car son adversaire n'était pas des plus simples. Après une estocade très engagée, deux oreilles furent accordées à Pérez Mota, tandis que la président sortit le mouchoir bleu. 

Pérez Mota avait déjà réalisé un bel effort face au troisième, très typé Núñez, distrait et juste de forces.

Luis Vilches enfilait l'habit de lumière après trois ans de disette. Il toucha le lot le plus maniable. Malgré une tauromachie allurée, Vilches fut en-dessous du premier toro, noble et de bon jeu. Il obtint une oreille généreuse face au quatrième, faible et maniable, au terme d'une faena périphérique, assez superficielle et bruyante. L'efficacité avec l'épée - une entière desprendida - contribua pour beaucoup dans l'oreille accordée.

Ce n'était en revanche pas le jour d'Alberto Aguilar, qui se ressentait probablement de la blessure de l'avant-veille à Madrid. Il ne fut jamais en confiance devant deux Cebada justes de forces et sans vice. Sous une soleil de justice, ce fut Pérez Mota qui sortit en triomphe (Florent MOREAU).

RESEÑA des TOROS. 1. "Espabilado", n° 108, castaño listón (né en mars 09). 2. "Barbero", n° 50, castaño listón (né en janvier 09). 3. "Amante", n° 101, colorado (né en mars 09). 4. "Manolillo", n° 103, castaño girón (né en mars 09). 5. "Mujidor", n° 64, carbonero (né en avril 10). 6. "Castañuelo", n° 92, castaño bragado (né en mars 09).

 

Dimanche 8 juin 2014 à 18h

 Arènes de Vic Fezensac. Dimanche après-midi troisième de féria. Plus de 3/4 d'arène.
Toros de Pages Mailhan et Cebada Gago (5º N°31 et 6º bis N°121).
Morenito de Aranda, silence et silence;
Joselito Adame, silence et silence;
Thomas Dufau, ovation et oreille.
Le soir ce fut une autre chanson. On sait que le débarquement des toros de Pages Maillan fut mouvementé et il n'en sortit en définitive que quatre. On avait du en chercher trois supplémentaires à la dernière minute. Présentation impeccable, mais hélas comportement décevant: souvent juste de forces -la piste, trop molle, ne les a sans doute ne les a pas arrangé- ils se sont avérés âpres, réservés, ayant du mal à s'employer, impropres au succès. Le premier Cebada (cinquième) déçut lui aussi, le dernier sauva la tarde: un bon toro, noble avec le même piquant que ses frères du matin.
Morenito de Aranda passa sans peine ni gloire, l'opposition ne lui permettant pas de briller. Joselito Adame fit un effort face au cinquième notamment. On apprécia sa décision, sa variété à la cape comme à la muleta. Ce ne fut pas suffisant. Le mexicain ne put s'exprimer pleinement . Comme à Nîmes jeudi, Thomas Dufau fut le sauveur de l'après-midi. Il sut se montrer à la hauteur du bon Cebada qui lui échut. Il le cita de loin pour débuter et construisit un trasteo inspiré qui monta aux gradins. On l'aime Thomas, le public est avec lui, ce soutien l'a porté tout au long d'une faena marquée par l'engagement, le sérieux et une réelle maîtrise technique. Une bonne entière conclut une journée qui a connu des hauts et des bas mais où le positif l'emporte largement. Reseña de Pierre Vidal.

Reportage d'Yves Pétriat Feria Tv

 

 

 

 

 

 

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Copyright © crédit photos Patrick Colleoni torobravo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Copyright © crédit photos Isabelle Dupin Aplausos

 

 

 

 

 

 

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Copyrigt © crédit photos Vuelta a Los Toros Mathieu Saubion Vic 2014

 

 

 

 

. Dimanche 8 JUIN. Après-midi. Troisième corrida de feria. Forte chaleur. 4/5 entrée. 4 toros de Pagès-Mailhan (le 2e comme sobrero), corpulents, commodes d'armures, nobles mais de peu de caste et de fond, et 2 de Cebada Gago (5e et 6e), petits et faibles, pour MORENITO de ARANDA, tabac et or (silence et silence) Joselito ADAME, bleu nattier et or (silence et sifflets) Thomas DUFAU, carmin et or (ovation et une oreille).

Président : Guy Bournac (assisté par Michel Bouix et Joaquin Camacho).

Le banderillero Jarocho a salué au 5e.

Dufau a dédié le 3e au général Xavier Rouby.

PLATITUDES.

Dans notre partage avec Florent, j'ai écopé de la plus laide, tant l'après-midi fut aussi assommante que la veille, aux antipodes de l'émotion et du sérieux qu'on vient chercher dans une feria au label torista.

Il faut dire que les toros de Philippe Pagès et Pascal Mailhan avaient déjà fait leur corrida lors d'un tumultueux débarquement dans les corrales où plusieurs exemplaires prévus furent mis hors combat. La croix chrétienne qui surplombe le coeur, fer des toros du Sambuc, semblait davantage guider un pèlerinage de Pentecôte, tant ces toros furent pacifiques, les plus pieux d'entre eux n'hésitant pas à s'agenouiller. On compléta le lot

avec deux Cebada Gago qu'on avait dû capturer en dernière minute au lasso tant ils étaient petits.

Thomas Dufau fut le seul torero à vraiment s'impliquer, dans la lidia comme dans des faenas d'un bon temple. Il eut sans doute le tort de changer plusieurs fois de terrain un troisième qui chargea avec classe lors des premières séries avant de s'éteindre, et lia ce qu'il put au Cebadita fermant le ban. Son efficacité avec l'épée lui permit de couper une oreille qui ne changera pas la face du monde, mais qui fut la seule de la chaude soirée.

La propension à utiliser le micro n'alla pas jusqu'à indiquer au public la provenance et l'identité des toros remplaçants. (M.L.)

RESEÑA des TOROS. 1. "Navarre", n° 903, negro meano (né en juin 09). 2bis. "Buscador", n° 925, negro (né en mars 09). 3. "Deslenguado", n° 907, negro bragado (né en mars 09). 4. "Ventanero", n° 932, negro (né en novembre 08). 5. "Campanero", n° 31, negro listón (né en novembre 08). 6. "Mochuelo", n° 121, negro listón (né en mars 09).

 

 

 

Lundi 9 juin 2014 à 17h

6 toros de Doña Dolores Aguirre Ybarra

pour Fernando Robleño : salut du callejon et silence

Javier Castaño : silence et sifflets

Alberto Lamelas : ovation avec pétition d'oreille et oreille avec pétition forte de la segonde et deux vueltas al ruedo.

Arènes pratiquement pleine, temps lourd, les absents auront eu tord .......

Grand tercio de piques au dernier de Gaben Rehabi mal comprise mais qui fut la plus méritoire qui alla piquer au centre de la piste subissant une chute d'anthalogie qui restera graver dans la mémoire des aficionados présents.

Salut des banderilleros Otero au 1er toro et David au 2e. Salut d'Alain Bonijol, patron de la cavalerie et, une première, vuelta du cheval noir « Destinado », un des héros du jour.

 

Six toros de carcasses et de cornes plus qu’imposantes, la plupart dignes de Pampelune, Bilbao ou Madrid. Les deux derniers, de véritables mammouths. Tous mansos au cheval pour seize rencontres et une chute au total.
« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Je viens de recevoir mes papiers militaires, pour partir à la guerre avant mercredi soir… »
Ainsi démarre la chanson du déserteur de Boris Vian. Monsieur le Président, Javier Molero de Bilbao, je vous écris cette lettre pour le courroux qui me prend d’avoir hier refusé la deuxième oreille  au torero modeste Alberto Lamelas. Lui, n’a pas déserté, il est parti en guerre contre (et non pas avec comme beaucoup trop de toros …) une bête du Gévaudan, un toro des cavernes qui venait d’effrayer toute son équipe. Ce manso encasté a d’abord voulu sauter les planches et s’enfuir dans les prés du Gers. Aux piques prises en s’échappant chaque fois du matelas, l’immense lancier arlésien Gabin Rehabi n’eut d’autre solution que de partir au centre, tenter de le châtier. Et là, vol plané insensé de la cavalerie, et Alain Bonijol qui saute en piste protéger son cheval en le tenant par la bride. Puis les banderilleros les yeux écarquillés d’effroi pour poser du bout des doigts les harpons, un à un tel qu’on les fabrique. Panique à bord, le public à coudes serrés, les gorges sèches, un ‘’parfum’’ de tragédie toutes les dix secondes. « Cantinillo », n°15, s’empare du rond. Il est maître de la peur des hommes, lui le peureux. C’est du moins ce qu’il croyait jusqu’au moment où Alberto Lamelas prend la muleta. Son premier derechazo parle et dit : « ce sera ou toi ou moi … ». Commence maintenant une bagarre incroyable, encore un truc vicois qui nous a rappelé la bataille entre César Rincon et « Bastonito » de Baltazar Iban à Madrid. Il n’y eut que trois séries de droitière et deux doubles pechos, mais chacun des muletazos reniflait les tombes de nos villages. Quand le toro s’élançait et qu’Alberto plus blême qu’un linceul attendait d’être fauché, sur les gradins nombreux sont ceux qui ne voulaient plus voir.
Cantinillo était tellement armé que l’on s’interrogeait «  comment va-t-il le tuer ? Il va finir empalé … ». Sans la moindre hésitation, le torero de Jaén, taxi dans le civil, s’est jeté sur ce massacre toujours vivant. Après cette estocade ahurissante et cette faena héroïque vous avez, Monsieur le Président, fait la sourde oreille pour qu’il en ait deux, pour que l’on chante son triomphe de Lima à Mexico, de Nîmes à Séville. Vous l’avez privé d’une ode majeure que chanterons quand même des troubadours du toreo. Monsieur Le Président, si l’un de vos enfants décide un jour d’être matador, souhaitez lui de ne pas tomber sur vous quand vous serez aux palcos des arènes.
Plus de ¾ de plaza. 31,4°.

Zocato

 

  • Feria de Vic-Fezensac : Monsieur le Président
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  • Feria de Vic-Fezensac : Monsieur le Président
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  • Feria de Vic-Fezensac : Monsieur le Président
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  • Feria de Vic-Fezensac : Monsieur le Président
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Des « toros vicois »

La dernière corrida de Pentecôte s'est déroulée lundi soir et a donné son lot d'émotions. Les toreros Fernando Robleño, Javier Castaño et Alberto Lamelas affrontaient des toros de Dolorès Aguirre Ibarra. L'assesseur Joaquin Camacho livre ses sentiments après cette ultime course.

 

« Avec les Dolorès Aguirre, c'est le retour à Vic des ‘‘toros vicois''. Comme il y a le toro de Pampelune, de Madrid ou de Bilbao, il y avait le ‘‘toro de Vic''. On avait un peu perdu cette orientation forte, avec les Dolorès Aguirre, le public va retrouver le toro roi du ruedo, protagoniste essentiel de la corrida authentique. Le lot de lundi était irréprochable, présentant le prototype de ce que doit être le toro de lidia, avec ses qualités et ses défauts, que les cuadrillas et les toreros doivent savoir exploiter. Fernando Robleño a fait ce qu'il a pu, au deuxième toro, il a été très présent, se jouant la vie.

« Pour Javier Castaño, l'équipe - y compris le capitaine - n'est pas dans un bon moment. Les banderilleros ne se sont exprimés qu'au premier toro. Javier a paru débordé. Il venait de Madrid où il aurait eu le meilleur toro de la feria et serait passé à côté. Il n'a pas été à la hauteur à laquelle on pouvait l'attendre.

« À son premier toro, nous avons constaté qu'Alberto Lamelas était ‘‘vert'' pour affronter un tel bétail. Son deuxième toro a créé la panique dans le ruedo, en particulier pour les subalternes du torero. Alberto exécuta une faena d'une grande vaillance face à un toro très mobile. Le public demanda une oreille, la présidence adhéra, puis il y eut une forte pétition pour un deuxième et nous ne l'avons pas accordée. Le public avait eu sa dose d'émotions, une deuxième pour nous ne s'imposait, c'est un sujet de débat. »

 

Recueilli par Pierre Dupouy   publié le mercredi 11 juin 2014 Sud-Ouest   Des « toros vicois »

 

 

Vic a trouvé son héros : Alberto Lamelas et un épilogue qui renoue avec le passé glorieux de l'arène gersoise. Ce dernier toro de Dolorés Aguirre fut le grand moment de cette féria gersoise. Un moment gâché, il faut le dire, par la pingrerie d'un président qui a manqué de sentiment et qui n'a pas récompensé par un double trophée l'immense courage d'un torero modeste, transcendé par les circonstances et qui mérite mieux que son rang actuel.
Ce sixième toro, long comme un jour sans pain, haut comme un immeuble New-yorkais et armé jusqu'au dent a d'abord mis la panique dans le callejon où il a tenté de sauter à plusieurs -tous aux abris!. Puis il a renversé Gabin Rhéhabi picador héroïque lui aussi, lors d'un batacazo terrifiant au centre de la piste. Il a terrorisé ensuite les cuadrillas qui eurent bien du mal à poser quatre banderilles, une par une. Dans le stress général, Alberto s'est alors planté au centre de la piste et arracha quatre séries de trois passes à l'Aguirre. Certes elles furent accrochées, un peu désordonnées mais le toro -dont on attendait rien- finit par se soumettre à la volonté du torero. Douze passes pas une de plus, toutes émouvantes, soutenues par un public en transe avant un estoconazo en place et un descabelllo qui envoyèrent le monstre ad patres.
Grand moment et grande ovation d'une arène électrisée par la sauvagerie de l'affrontement, hurlant torero! toreo!. Vic es otra cosa et nous avons touché là l'essence même de la corrida: ce dur combat où seuls les héros triomphent.

Reseña de Pierre Vidal.

Reportage vidéo d'Yves Pétriat Feria Tv

 

Après le reportage sur la lidia du sixième toro Cantinillo de Dolores Aguirre par Alberto Lamelas, retour en images sur la première partie de la course. Le banderillero Angel Otero après une grande San Isidro a une nouvelle fois montré qu'il faisait partie des tout meilleurs avec les palos. Fernando Robleño perdit l'équilibre et tomba devant les cornes de Cubastito mais eu le réflexe de mettre sa muleta devant les yeux du Dolores. Une faena compliquée en arrachant une paire de derechazos. Palmas. Quatre piques pour le second Dolores sortant seul à chaque rencontre, deux bonnes paires de banderilles de David Adalid qui salua et une faena de Javier Castaño avec quelques séries valeureuses à droite. Silence. Le premier toro d'Alberto Lamelas alla trois fois au cheval. Faena exposée de Lamelas et une bonne épée lui valurent de saluer. A son second toro, vous connaissez l'histoire.

Reportage Yves Pétriat Feria Tv

 

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 Copyright © crédit photos Patrick Colléoni Torobravo

 

 

 

 

 

 

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Copyright © crédit photos Isabelle Dupin Aplausos

 

 

 

 

 

 

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Copyrigt © crédit photos Vuelta a Los Toros Mathieu Saubion Vic 2014

 

Reportage Yves Pétriat Feria Tv

 

SEMANA GRANDE 

NUMÉRO 897 – Lundi 16 JUIN 2014. 

Hebdomadaire d'informations taurines et culturelles

Piquer les toros

Dans bien des arènes, et pour de nombreuses présidences, le tiers de piques semble être une formalité. En prenant les exemples de Madrid, Séville ou Bilbao, on remarque une norme de deux rencontres quasi-systématiques pour tous les toros ou presque.  

Or, chaque toro est différent et doit avoir un châtiment adapté. 

Cette volonté de changer le tiers dès la seconde rencontre réglementaire peut conduire à des situations périlleuses. Par exemple, Marc relevait récemment le fait que le dernier toro de Cuadri du 2 juin à Madrid n'avait pratiquement pas été piqué lors de ses deux rencontres, posant ensuite de sérieux problèmes à José Carlos Venegas. 

S'il est un moment souvent incompris de la lidia, le tiers de piques reste toujours quelque chose de fondamental. Dans les grandes arènes, la mode de laisser les toros "crus" en vue de la faena de muleta devrait être relativisée, car elle n'est pas souvent une bonne solution. 

Parfois, ce sont les toreros qui demandent d'abréger ce tiers pour avoir un adversaire plus vivace en fin de parcours. D'autres fois, ce sont les présidences elles-mêmes qui décident de mettre fin au premier tiers, alors que le toro est insuffisamment piqué. 

Ce lundi 9 juin à Vic-Fezensac, pour le dernier toro de la feria, la présidence semblait vouloir arrêter le tiers de piques dès la cinquième rencontre. Il s'agissait pourtant d'un toro très puissant, fuyard, dangereux et imprévisible, qui aurait mérité un châtiment bien plus important. 

Au même moment, le picador Gabin Rehabi dépassait les lignes pour aller piquer ce "Cantinillo", en s'approchant d'un terrain (près du toril) beaucoup plus dangereux. C'est lors de cette sixième rencontre que le cheval et Gabin furent propulsés dans les airs. A l'instant où Gabin était judicieusement parti chercher le toro pour le piquer, des gens le sifflèrent injustement. Cela venait rappeler le regretté Fritero, qui en avait fait de même, il  y a quelques années à Arles face à un manso de Miguel Zaballos. 

Curieuse époque où l'on siffle les picadors qui font leur métier, et où l'on ovationne parfois ceux qui à peine posent le fer sur le dos du toro. Or, ce qu'a fait Gabin avec un toro aussi difficile était vraiment exceptionnel. 

Et s'ils ne sont pas la norme à l'heure actuelle, des toros d'une puissance comparable à celle de "Cantinillo" de Dolores Aguirre peuvent encore exister, et provenir de n'importe quel élevage. Quand ils sont en piste, il convient de piquer ces toros puissants comme il se doit. A Vic, la présidence fit une véritable erreur en désirant à tout prix interrompre le tiers.

Chaque toro possède une lidia différente, et doit être piqué autant de fois que ses forces l'exigent. Et le tiers de piques ne disparaîtra jamais, car il est un moment essentiel du combat, et non une simple formalité. 

Florent MOREAU

. Lundi 9 JUIN. Quatrième et dernière corrida de feria. Temps lourd. 3/4 entrée.

Toros de Dolores Aguirre, très sérieux de présentation, mansos, puissants et difficiles, pour Fernando ROBLEÑO, grenat et or (applaudissements et un avis avec applaudissements) Javier CASTAÑO, bleu nuit et or (silence et sifflets) Alberto LAMELAS, bleu roi et or (ovation et une oreille).

Président : Javier Molero.

Ont salué les banderilleros Ángel Otero, au 1er et David Adalid, au 2e.

La feria de Vict s'est terminée sur une corrida de grande émotion.

Les toros de Dolores Aguirre, impressionnants, sauvages et encastés, ont donné un danger de chaque instant. 

Face au sixième, un toro de guerre, Alberto Lamelas a été d'un courage épique... (résumé de Florent MOREAU, compte rendu complet la semaine prochaine)

RESEÑA des TOROS. 1. "Cubatisto", n° 2, negro salpicado (né en mai 09). 2. "Comadroso", n° 14, negro (né en décembre 08). 3. "Pitillito", n° 27, negro bragado meano (né en octobre 08). 4. "Langosto", n° 29, negro bragado meano (né en novembre 08). 5. "Comadroso", n° 25, negro chorreado (né en janvier 09). 6. "Cantinillo", n° 15, negro bragado corrido (né en septembre 08).

 

L’éternité dans un instant

L’éternité dans un instant

Tout passe. La vie veut ça. Depuis Proust et avant lui, on sait que le temps n’a aucune linéarité et qu’il ne pesait qu’un instant lundi soir entre 17 h et 20 h à Vic-Fezensac. Un instant dure six taureaux de combat. Un toro de lidia — tels ceux qui luttèrent hier soir — peut durer une éternité dont personne ne voudrait ; cette éternité-là n’est pas l’immortalité. Lundi soir, le temps d&

JA-lamelas

Tout passe. La vie veut ça. Depuis Proust et avant lui, on sait que le temps n’a aucune linéarité et qu’il ne pesait qu’un instant lundi soir entre 17 h et 20 h à Vic-Fezensac. Un instant dure six taureaux de combat. Un toro de lidia — tels ceux qui luttèrent hier soir — peut durer une éternité dont personne ne voudrait ; cette éternité-là n’est pas l’immortalité. Lundi soir, le temps d’un instant, on pouvait mourir. MOURIR. MOURIR. MOURIR. Et redevenir humain.

Lundi soir, un instant a suffi, de 17 h à 20 h, pour se rappeler que nous sommes chair, sang, nerfs, boyaux, pisse et sueur, et que dans la vie on meurt. Lundi soir, entre 17 h et 20 h, le temps de dire instant, même pas celui de l’écrire, tous les tripotements mythologico-bouseux sur la corrida comme art immatériel, sur la toréabilité, sur les redondos en série, sur la plastique manzanitesque, sur le dosage nécessaire des piques voulu par les vétérinaires français (affligeant !), sur les Cebada fadasses de la veille, sur…, sur… tout ça ! Oui, tout ça a été réduit à n’être qu’une infamante cacade qui n’avait que trop duré et que six toros de Dolores Aguirre Ybarra ont broyé avec toute la méchanceté possible et toute l’ardeur qu’ils déployèrent à lancer des « Ta gueule ! » à l’éternité dont personne ne voulait.

De la sortie de ‘Cubatisto’ à la mort libératoire de ‘Cantinillo’, il n’y eut qu’un instant.

Et dans cet instant le temps a duré plus qu’il n’eut fallu quand ‘Comadroso II’ a plongé dans les plis contractés de la muleta de Castaño. ‘Comadroso II’, estampe aguirresque à tête chercheuse et dodelinante. Manso con casta ? Toro de lidia que cinq piques — oh, oui, elles étaient mal prises… c’est vrai — n’empêchèrent pas de gambader à grandes enjambées. Vive les mansos !

Et dans cet instant les minutes se sont dilatées quand ‘Langosto’ a cartonné le cheval sur dix mètres pour l’aplatir comme une mouche sur un burladero qui en a couiné de mal.

Et dans cet instant un siècle eût été nécessaire à un public aux quatre vents pour comprendre que Castaño était allé la guerre avec les bonnes armes, par doblones dominateurs du meilleur goût qui annonçaient l’indispensable macheteo que les sifflets incultes ont fait mourir dans l’œuf. Pauvre peuple du toro qui n’éructe que pour demander oreilles, passes droites et respect de la ligne blanche. Populace vulgaire gavée d’images de derechazos verticaux photographiés en rafales… clic-clic-clic-clic-clic-clic… et qui gueule « ¡Mátalo! » comme pour se soulager du trop de bières bues.

Et dans cet instant Gabin Rehabi a allongé le temps le long de sa vara en s’en allant piquer ‘Cantinillo’ dans sa querencia, son royaume d’Hadès, sous les hués des mêmes qui ne savent pas qu’un manso — surtout un manso ! — doit se piquer, malgré tout et malgré peut-être la peur que Rehabi devait se coller sous le castoreño en tendant sa vara d’où le temps refusait de bouger. Gabin Rehabi a vu passer le ciel laiteux, puis un cheval noir et sombre, et a ouvert les yeux sous le mufle d’un toro d’ailleurs. M. Molero, de Bilbao, président de la course, a annoncé le changement de tiers et a commis là la faute la plus grave de l’après-midi. Les chroniques des uns, des autres, lui en veulent toutes, car il n’a pas donné la seconde oreille à Alberto Lamelas, et certainement n’ont-elles pas tort, mais c’est là, en changeant de tercio, que M. Molero a commis son erreur la plus lourde.

Et dans cet instant, mais je ne crois pas à l’éternité, Alberto Lamelas a suspendu le décompte des heures et des jours en trois séries de la droite et un estoconazo. Il faudrait pouvoir dire son incroyable courage, dire que personne ne croyait à rien mais qu’il donna tout et tellement plus. Trois séries comme un pied de nez à cette tauromachie routinière qui ne sait plus en finir avec elle-même. Trois séries, triptyque dramatique d’une bagarre de rue d’une violence rare dont l’achèvement éructa en trois syllabes hurlées : « TO-RE-RO ! » Même ce peuple du toro dont on nous rabâche qu’il VEUT voir des passes et des toros gentils pour justifier la médiocrité de notre époque, même ce peuple du toro, même lui, même mauvais comme il put l’être, se rendait à l’évidence de la suffocante beauté sauvage du combat d’un toro de cinq ans et d’un matador d’un autre temps.

« Quoi ? L’éternité ? » Non, un souvenir pour une vie !

Merci à ‘Cubatisto’, ‘Comadroso II’, ‘Pitillito’, ‘Langosto’, ‘Comadroso’ et, bien-sûr, à ‘Cantinillo’ d’avoir redonné à la corrida un peu de son sens perdu et le sourire à mes amis.
Merci à Fernando Robleño, Javier Castaño et Alberto Lamelas d’accepter de combattre de tels fauves.
Merci à Gabin Rehabi d’avoir donné une leçon de lidia à un public qui ne connaît même plus ce mot.

Retrouvez, sous la rubrique « Galeries », une série de photographies du combat de ‘Cantinillo’ vs Alberto Lamelas.

 

L’éternité dans un instant

 

Corrida Si : News  ON SOUFFLE UN PEU....

 

ON SOUFFLE UN PEU....

 

 

 

  


Alberto Lamelas en Vic, un grand moment (Photo JBL)

Bon, voilà que le premier tercio vient de s’achever.

Oui fin juin pour moi c’est la fin du premier tercio.

On souffle un peu en fin Juin, ou le cycle des novilladas va reprendre juste avant les grandes férias (je parle du Sud Ouest) et les corridas toristas Cérétanes et d’Orthez.

Donc le temps de se refaire la raie, ou la coiffure pour tous ceux qui, comme moi, ont la chance de friser du cheveu, on se pose et on refait le match..(ça c’est ma piètre caution à la coupe du monde de football auquel je ne comprends malheureusement pas grand-chose.).

Donc, un bon fauteuil, un verre de Porta Gayola (ça, si vous ne connaissez pas, laissez vous faire et goûtez le, vous m’en direz des nouvelles)

Pour le moment ne me restent en mémoire (comme ça et sans reprendre aucune note) que quelques fulgurances.

D’abord chez les toreros et avant tout, Alberto Lamelas, qui, et ce, depuis bien longtemps, m’a donné le véritable grand Frisson avec sa faena au dernier Dolores Aguirre de Vic Fezensac.

Frissons de terreur, rarement, depuis longtemps, crois que la dernière fois ça a été de voir Francisco Espla aux portes du paradis, ou Julien Lescarret, à Béziers, devant un Miura qui lui cherchait la gorge en permanence, je n’ai ressenti une telle trouille devant l’imminence de la blessure..

Frissons de plaisir, aussi, de voir, dans ce chaos, le gamin s’arrimer, comme Georges Clooney dans le film où il barre son bateau dans une tempête inouïe.
What Else ? Ah oui..
Tu avais envie de lui dire ne fais pas ça, ne vas pas là (Comme quand on parle aux mômes) ça ronflait dur, en bas, c’était Sarajevo, le Mali, Gravelotte, le pont de la rivière Kwaï.
Dans les gradins ça ronflait dur aussi, je me suis attrapé avec un type, qui gueulait après Gabin, que le sabot antérieur droit dudit Destinado, cheval de pique de son état, avait mordu la ligne et pourquoi pas le “Sabot Line Technology“ tant qu’on y est, bien sûr qu’il fallait y aller (j’étais même pour un autre puyazo) moi.

Et ce président enfermé dans son carcan cravate, blazer…“yo soy“ disent les Espagnols.

Et voilà, pour la peine, un second tour de piste, et le Picador, et l’éleveur de chevaux, et le cheval…

Zut, ils ont juste oublié le Mayoral.

Voilà, je me souviens aussi de cette épée incroyable de Fandiño, à Cuerpo Limpio, tout ça pour prendre une deuxième oreille à Madrid durant la feria.

Bien sur, je me souviens aussi de la puerta Gayola de Mora, renvoyé à l’infirmerie, et de cette incroyable corrida ou trois toreros sont au tapis au second toro.

Je revois aussi le sourire éclatant d’Alberto Aguilar à Madrid avec le dernier Montealto, cette faena limpide allant à mas, et cette épée foudroyante.

En parlant d’épée, celle de Joselito Adame, encore à Madrid oreille refusée par une présidence aveugle.
Enfin, la faena de Joselito, à Istres, cette classe absolument définitive, comme celle de Ponce et ce frisson léger, comme une ridule à la surface du ruisseau.

Chez les cornus, deux ou trois lots me restent en mémoire.

Bien sur, les Dolores Aguirre, encore : “la guerre en enfer“.

Parce que, nous reste en rétine, le dernier, mais franchement tout le lot a été très intéressant, rappelez vous comment la cuadrilla de Castaño a été mise en échec, souvenez vous de ce second toro, mort en milieu de piste, mufle fermé, et qui a semé la panique.

Du cinquième inaltérable machine à charger mais sans se plier.

Un lot de toros à “l’ancienne“, et qui ne laisse pas indifférent l’amateur torista ou non.

Moindre, le lot de Cebada Gago, mais un lot complet et très agréable, avec de la caste et de la noblesse, un peu faiblard certes, mais qui nous a donné “du jeu“.


Je me souviens encore, de ce lot de Rehuelga de Saint Martin De Crau, et notamment du cinquième, qui aurait été indulté dans un paquet d’arènes, et qui ne le fut pas, fort heureusement.

Mais qui a permis de mettre en avant toute la qualité du lot entier, et je vous fiche mon billet que les Rehuelga il va y en avoir dans les deux ou trois saisons à venir dans quelques arènes de respect.

Voilà, après ça, les choses m’ont moins marquées.

Et donc je m’arrêterai là.

D’autres auront vus d’autres choses, sans doute, peut être plus, peut être moins.

Allez un autre Puerta Gayola (je vais essayer le rouge après le blanc.) frais c’est une tuerie.

Allez, on souffle un peu…

CHF

 

Lamelas et Cantinillo entrent dans la légende

Vic-Fezensac (32) - Toros : feria de Vic-Fezensac

Lamelas et Cantinillo entrent dans la légende
                            Lamelas et Cantinillo entrent dans la légende                           

Nous avions intitulé un des articles de présentation de la Feria : les terribles toros de la banquière. Nous avions poursuivi par ces phrases : “Hauts sur pattes, irréprochables de présentation, armés à vous faire frémir, les Dolores Aguirre sont souvent irascibles et toujours sans concession. Qu'ils soient bons ou mauvais, qu'ils refusent les piques ou montrent une grande bravoure, ils gardent toujours la sauvagerie de leurs encastes. Clôturer la Feria de Vic avec les Dolores Aguirre est une garantie, s'il en fallait une, d'authenticité et de sérieux.”

Or c'est bien ainsi qu'ont été les toros de lundi après-midi. Magnifiques de présentation, très redoutablement armés, puissants, mansos con casta pour la plupart, d'une très grande mobilité, dangereux au-delà du pensable, ils ont demandé leurs papiers à chacun des matadors, destabilisé les banderilleros, jeté au sol picadors et chevaux, créé la panique dans le callejon, que le sixième essaya de franchir, et restés maîtres d'une arène où les hommes ne menaient plus le jeu malgré tout leur courage et savoir faire.

Le spectacle fut dantesque. Une de ces corridas réellement à la vicoise, toute en authenticité, dont on rêve au début de chaque Pentecôte, mais que l'on ne vit que rarement même en Fezensac.

Robleño, le spécialiste des Dolores Aguirre, dut abréger à cause de la dangerosité du premier et ne put faire mieux à son suivant.

Le second toro imposa son rythme à Castaño, qui se borna à sauver sa peau face à l'effrayant quatrième.

Au milieu de ce sauve-qui-peut, Alberto Lamelas, chauffeur de taxi à Jaen, se plante face à l'effrayant troisième et mène un combat aussi courageux que laborieux, qui lui vaudra un salut des tiers et une “vuelta” refusée.

Le sixième, du nom de Cantinillo, dans les six cents kilos de muscle, alterna charges fugitives sur le cheval et tentatives de saut dans le callejon avant de se planter au centre de l'arène. Il ne restait d'autre solution à l'excellent picador Gaben Rehabi que d'aller piquer l'auroch au centre à la manière d'un lancier. Tandis que quelques ignares sifflaient et protestaient, Cantinillo se saisit du groupe équestre et l'envoya dans les airs comme un fétu de paille avant de charger à nouveau le cheval Destinado, qui gisait les quatre fers en l'air. Au milieu de la panique des piétons, Alain Bonijol, patron de la cavalerie, sauta dans l'arène et héroïquement saisit le cheval par la bride, risqua coups de cornes et écrasement, mais assura la survie de Destinado. Chapeau M. Bonijol !

Le reste relève d'une chanson de geste. Cantinillo n'est pas venu à Vic pour brader sa vie et Lamelas n'a pas traversé l'Espagne pour repartir à vide. Deux terribles motivations face à face. Le matador opte d'entrée pour l'offensive. La victoire ou la mort ! Une faena à l'ancienne. Affronter, feinter si nécessaire, mais ne jamais perdre un pouce de terrain. Nous étions revenus au temps des Joselito, des Mejias et autres héros de légende. Alberto conclut d'une estocade d'anthologie mais inefficace avant de porter un magistral coup de descabello. Le public debout crie “torero, torero”, les larmes coulent sur les visages, mais malgré la pétition, le président se comporte en comptable en refusant la deuxième oreille, lui qui, comme tant d'autres, a dû tellement en distribuer des insignifiantes.

Le moment est historique. Cantinillo et Alberto Lamelas viennent d'entrer dans la légende vicoise. En quelques minutes ils ont balayé toutes les supercheries taurines actuelles. Pas un aficionado présent n'oubliera leur combat.

Alain Bonijol est invité à venir saluer et le splendide cheval Destinado, débarrassé de son caparaçon est gratifié d'un tour de piste très ovationné.