Michelito : «Vaincre à Eauze pour gagner au Mexique»

 

Eauze (32) - Toros

Michelito le jour de son alternative dédiant son toro à ses parents./Photo DDM, archives J.-M. D.
Michelito le jour de son alternative dédiant son toro à ses parents./Photo DDM, archives J.-M. D.

Michelito, le fils du torero de Vic-Fezensac Michel Lagravère, ne cache pas sa volonté de triompher à Eauze, ce dimanche, et dans toutes les arènes d'Europe.

À l'âge ou certains commencent leur apprentissage taurin, Michelito Lagravère Peniche, jeune Franco-Mexicain, défilera demain dans les arènes d'Eauze entre deux grandes vedettes, le Français Juan Bautista et le Mexicain Joselito Adame. L'adolescent aura 17 ans à la fin de l'année. Il est torero d'alternative depuis le 25 novembre 2012. Il n'avait pas 15 ans et battait de quelques jours le record du grand Luis Miguel Dominguin pour devenir le plus jeune matador.

Mais comment es-tu devenu torero ?

Il est sûr que si mon père avait été footballeur ou boxeur je ne serais peut-être pas dans l'arène. À la maison j'ai toujours entendu parler toro, les amis qui venaient étaient tous des professionnels du mundillo. Ils m'ont fait rêver et ma mère te raconterait qu'à trois ans j'avais trouvé des banderilles et je les avais plantées dans tous les coussins et le canapé de l'appartement.

La première fois devant un toro ?

J'avais 6 ans. Des amis avaient retardé l'arrivée de mon père. Quand il est rentré dans l'arène il m'a vu au centre en train de toréer un becerro. J'ai eu la chance de couper les deux oreilles et la queue. Et depuis je n'ai plus pensé qu'aux toros. À 8 ans, j'ai gagné un concours. Pour participer j'avais triché sur mon âge. Puis j'ai été à l'école taurine de Mexico. Ensuite les choses se sont faites naturellement et comme c'est de tradition au Mexique je suis passé de la becerrada à la novillada formelle. Comme j'ai une petite taille, ce ne fut pas facile. Mais je voulais réussir.

Pendant ce temps tu allais à l'école. Que te disaient tes copains ?

Certains m'admiraient, d'autres me raillaient. Ce n'était pas toujours facile. Mais depuis quelques années, les choses vont mieux. Le gouverneur de l'Etat du Yucatán, une dame, m'a permis de rentrer dans une section sports études. Il n'y a que des champions ou de futurs champions. Pour eux je suis un des leurs, je fais quelque chose de différent des autres, comme eux. Il n'y a plus aucun problème.

Ton alternative ?

Le jour le plus merveilleux. Mon parrain Sébastien Castella a été fantastique. Toute ma famille et mes amis étaient là, j'étais très entouré. Ce fut une belle réussite.

Ta corrida à Eauze, là où ton père a débuté ?

J'étais venu becerrista, en 2008. Je n'aurais jamais imaginé être là six ans après avec deux immenses vedettes. Je souhaite réussir pour remercier tous ces gens qui m'accueillent, que je croise et qui me traitent merveilleusement bien. Quel dommage que j'ai la barrière de la langue.

C'est important de venir en Europe ?

À Arles, ici à Eauze, en Espagne aussi plus qu'on ne le pense. Regarde, depuis l'alternative j'ai toréé 54 corridas avec beaucoup de triomphes et à peine si cette année j'ai pu rentrer dans la grande feria d'Aguascalientes. Il m'a fallu beaucoup d'appui. Je n'ai toréé qu'une fois à Mexico, un festival avec Padilla et El Pana. J'ai triomphé, la presse a été élogieuse et j'attends toujours d'y revenir.

Mais là-bas les professionnels sont très impressionnés par des succès en Europe. Aussi je viens, porté par l'espoir de gagner. J'espère pouvoir offrir un grand succès à tous les amis d'Eauze.

Les cartels

Aujourd'hui samedi, à 11 h, aux arènes tentadero gratuit de trois vaches d'Antonio Bañuelos, avec André Lagravère, Baptiste Cissé et Dorian Canto.

Dimanche, à 11 h novillada sans picadors avec quatre novillos de Jean-Louis Darré pour El Adureño et Diego Peseiro (Portugal).

Dimanche à 18 h, sept toros d'Antonio Bañuelos pour Juan Bautista, Joselito Adame et Michelito. Le septième, à cheval pour Gines Cartagena.

Peña El Sitio. Cette année marque le grand retour de la peña El Sitio qui s'installe rue du Lac. Tapas, repas et boisson dans le cadre d'une exposition de peinture.