Pentecôte 1983 : déjà mi-centenaire - Pentecôte 2013 : 80 printemps

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      Jean Arnaud lançait en 1983 “ Toro et créativité ”. Jean Fitte en rigolait mais les deux savaient. Pour que les arènes Joseph Fourniol ouvrent leur grande gueule de 50 ans d'âge, il fallait du culot. Jean-Paul Chambas repeignit en “porte de l'enfer” la grande entrée. Une musique s'engendrait sur un appel d'offre, plutôt un concours gagné par le bayonnais Comblor, compositeur de “ Toros en Vic ” devant le montois Sourigues pour “ Ruiz Miguel en Vic ” et le toulousain Leaugé pour “ Richard Milian en Vic ”. Voilà quelques manières pour saluer un demi-siècle de considération distinguée à l'encontre de la vraie “Fiesta Brava”.

 

      Jean Arnaud et Jean Fitte décidèrent aussi de prendre enfin les médias par les cornes. Pour la première fois de l'histoire du Club Taurin Vicois, s'organisait un voyage de presse, en février, quand advenait le temps des choix. Baylac, Gerdéres, Labit, Oller et Pédebernade parcouraient des centaines de kilomètres et des pages de petits carnets remplis de numéros, le plus souvent à un ou deux chiffres. Les productions modernes poussent les éleveurs maintenant à ferrer aux centaines. Pas à l'époque.

 

       Pendant que le Dr Jean Cartault organisait une infirmerie, enfin digne de ce nom, les délégataires lorgnaient dans les jumelles quelques encierros provoqués par des ganaderos à l'esprit très vendeur. Visite en pleine neige chez Marín Marcos, du côté de La Carolina, en compagnie d'un inénarrable et trouillard ancien novillero surnommé “Perrucha”; souvenir d'une ballade entre les novillos transis d'un froid polaire.

      Passage chez Cortijoliva près de Talavera de la Reina pour ne rien retenir d'un lot de novillos recherché pour inscrire Michel Lagravère au cartel, après son actuacion éluzate de l'année précédente, pour alterner avec Paco Villalta et Jaime Malaver. Les Moreno Pidal obtinrent la faveur du jury. Rappelons, cette année là germa l'idée d'une coupe de france des novilleros dans la tête de Pierre Miquel (Eauze) et de Charles Forgues (Bayonne).

 

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      Jean-Jacques Baylac avait noté la caste Victorino portant fer Picaso Malibran, devenu cette fois Escolar Gil à Talaveira de la Reina. Aucun doute : il les fallait pour Morenito de Maracay, Pepe Luis Vargas et Francisco Ruiz Miguel.

      Derrière les haies de figuiers de barbarie se cachaient, dans le brouillard de février, les Saltillos pas encore “domecquisés” du Marqués d'Albaserrada. Les peones faisaient brûler des bottes de paille pour patienter. Les vicois et “leur” presse arrivèrent même pas réchauffés mais convinrent : Campuzano, Mendes et Milian auront chaud.

      Et les journalistes surent ainsi que la “créativité” dans une corrida ne commence pas à l'heure du paseo au son de “Aragona”. D'ailleurs, à l'Hotel Central de Salamanque, l'ami Pedebernade retrouva le ganadero Sánchez Rico pour ne pas lui faire oublier que les gascons aiment parfois la “menterie” mais pas la roublardise (un lot entaché d'un zébu maigre dans les années 1970).

      Trente ans après, pour les 80 ans du Club Taurin Vicois, d'autres chants, parfois celui des sirènes, s'entendirent mais les journalistes, qui ne sont plus ou peu du voyage, savent que les vicois restent les premiers “veedores” de leur destinée.

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